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 1900 : Québec, ville de science-fictionVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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MessageSujet: 1900 : Québec, ville de science-fiction   Dim 11 Mai 2008, 6:58 am

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1900 : Québec, ville de science-fiction


Les deux tragédies ayant marqué la construction du pont de Québec ont probablement refroidi l’enthousiasme pour les grands projets techniques dans la capitale.
Photothèque Le Soleil

Le Soleil

Québec

Il y a environ 100 ans, la ville de Québec était une rampe de lancement pour toutes sortes de récits et de projets plus ou moins futuristes. Un phénomène unique, et largement oublié, qu’un historien de l’Université d’Ottawa, Jean-Louis Trudel, a entrepris de dépoussiérer.
Un chemin de fer qui fait le tour de l’île d’Orléans. Une fontaine aux allures disco pour décorer la place Royale. Une immense harpe éolienne jouant de la musique en plein air, au cœur de la ville. Un monde dans lequel le travail a largement disparu. Un navire mû par la seule force des vagues. La liste des projets et des inventions futuristes imaginés à Québec, entre 1880 à 1920, donne le vertige. La foi envers le progrès technique n’y connaît pratiquement pas de limite.

Évidemment, tout ce remue-méninges n’est pas exempt de calculs politiques. Pour redonner du lustre à la capitale, plusieurs rêvent de tirer profit des nouveaux chemins de fer qui partent vers l’Ouest. Si possible, en évitant Montréal. Québec, porte d’entrée d’un vaste mouvement de colonisation des Pays d’en Haut, et même de l’Ouest canadien? À long terme, l’historien Jean-Paul Tardivel imagine même la création de deux provinces francophones, Algoma et Keewatin, dans ce qui est aujourd’hui le Manitoba.

L’optimisme est de rigueur. Dans un texte intitulé La tête de Saint-Jean Baptiste ou Légende pour nos arrière-petits-neveux, en 1980, l’écrivain Wenceslas-Eugène Dick met en scène un grand-père qui raconte le XIXe siècle à ses petits-enfants. Le Saguenay est devenu une province de trois millions d’habitants. Avec ses 12 millions d’habitants, le Québec n’a rien à lui envier. Un vrai pays de Cocagne! Tout ça grâce à l’intervention providentielle de saint Jean-Baptiste, qui a donné aux Canadiens français une couronne de diamants.

Moins de gadgets

À quoi attribuer cet éphémère feu d’artifice? «C’est une époque étonnante, a expliqué Jean-Louis Trudel, lors d’une présentation au Congrès de l’Association francophone pour l’avancement du savoir (Acfas). Il n’existe rien de tel à Montréal, au même moment. Je ne dirais pas que la ville rêve parce que la période est particulièrement noire, mais plutôt parce qu’elle espère davantage. La science-fiction de l’époque était moins portée sur les gadgets. Elle essayait plutôt d’imaginer des solutions aux problèmes de la collectivité. Aujourd’hui, on trouve plus intéressant d’imaginer des objets comme le iPod, 20 ans avant leur invention.»

Vers 1880, la ville de Québec vient d’encaisser plusieurs revers. Une vraie dégringolade. La ville ne fait plus le poids par rapport à Montréal. Avec le creusage de la voie maritime du Saint-Laurent et l’arrivée du chemin de fer, son port connaît un déclin prononcé. La construction de navires en bois y est en chute libre. En 1865, des centaines de fonctionnaires et de politiciens ont pris la route d’Ottawa, devenue la capitale du Canada. En 1871, l’imposante garnison britannique a quitté la Citadelle.

«Mais les années 1880 marquent aussi le début de la sortie d’une longue période de crise et de stagnation économique, précise M. Trudel. Le chemin de fer ouvre de nouveaux marchés. L’éclairage électrique arrive en ville en 1887. Le tramway en 1897. Le monde des sciences est en effervescence. Enthousiasmé par tous les changements qui surviennent de son vivant, (le journaliste) Ulric Barthe peut s’écrier : “Nous vivons en pleine magie”!»

Tournée de gaz hilarant

Jean-Louis Trudel rappelle que les inventeurs ne sont pas en reste. «L’écrivain Napoléon Aubin conçoit une machine pour distiller du gaz devant servir à l’éclairage. Son procédé, qui utilise notamment de la sciure de bois et des résidus de térébenthine, sera bientôt breveté. Un certain nombre de villes américaines en feront l’acquisition.» On est loin de l’improbable voyage spatial décrit par l’écrivain Napoléon Aubin, dans son livre Mon voyage à la lune, en 1839. Le narrateur, un chien et un cheval se lançaient en orbite après avoir respiré du gaz hilarant.

Quelques célébrités de l’époque se joignent au grand élan futuriste. L’architecte Charles Baillargé, à qui l’on doit notamment la terrasse Dufferin, imagine un zeppelin en forme d’oiseau et un bateau indestructible, pour la navigation dans l’Arctique. Il obtient même un brevet pour une étrange fontaine cylindrique, produisant des jets d’eau de différentes couleurs. Baillargé rêvait de voir installer cette création aux allures vaguement disco sur la place Royale.

Pour la petite histoire, on notera aussi que lors de la construction du Manège militaire, en 1885, l’architecte avait préconisé une charpente en fer pour consolider le toit de l’édifice. Personne ne l’avait écouté...

En définitive, certains projets futuristes deviendront réalité. Le Palais de la musique dont rêvaient certains, à la place du marché Montcalm, domine aujourd’hui la place D’Youville. Et le pont de Québec finira par être complété en 1917, après deux terribles catastrophes. Il est vrai que le pont ne remplira pas toutes ses promesses. Il ne suffira pas à désenclaver la ville et à ouvrir les marchés du Sud, vers les États-Unis. D’ailleurs, il est probable que les deux tragédies ayant marqué la construction du pont aient refroidi l’enthousiasme pour les grands projets techniques.

Avec le recul, le goût particulier de Québec pour la science-fiction a peut-être disparu avec les 89 ouvriers décédés lors des deux effondrements du pont, en 1907 et en 1916.


on m en a parlé quand je suis arrivée ici, mais d apres ce que j entendais ,je pensais que c etait il y a quelques années , quand finalement on m a dit la date de l éffrondement ,je suis restée béa de voir que les québécois gardaient encore fraichement dans leurs mémoires cette tragedie
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MessageSujet: Re: 1900 : Québec, ville de science-fiction   Dim 11 Mai 2008, 12:26 pm

tweety a écrit:
je suis restée béa de voir que les québécois gardaient encore fraichement dans leurs mémoires cette tragedie


Ce n'est pas un cas isolé.

Nous, Quebecois, sommes très attachés à notre passé.
Ça nous permet de ruminer toutes sortes de doléances politiques ou brailler sur nos malheurs ad vitam aeternam...

A preuve, il y a à peine 10-15 ans... la plupart de nos series télévisées ( communément appeller " téléromans" ( ou feuilletons pour les Français ) traitaient uniquement de la vie des quebecois/canayiens dans les chaumières de campagne...


Société distincte... je vous dis encore... cheers pendu
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MessageSujet: Re: 1900 : Québec, ville de science-fiction   Dim 11 Mai 2008, 2:49 pm

et des séries québécoise, francis m a fait découvrir les pays d en haut avec séraphin
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